Chenilles processionnaires La Mulatière : bonnes pratiques pour sécuriser un terrain infesté

Pourquoi les chenilles processionnaires sont un vrai problème à La Mulatière

À La Mulatière, entre parc des Hauteurs, jardins en pente et petits espaces boisés, les chenilles processionnaires ont trouvé un terrain de jeu idéal. Pins, chênes, haies mal entretenues : tout ce qu’il faut pour s’installer… et poser un sérieux problème de santé pour les humains comme pour les animaux.

Si votre terrain est infesté, ou si vous voyez ces fameuses processions de chenilles poilues longer vos allées, vous n’êtes pas simplement face à une gêne, mais à un risque réel :

  • Risque pour les enfants (yeux, peau, voies respiratoires)
  • Risque grave pour les chiens et chats (nécrose de la langue, œdèmes, détresse respiratoire)
  • Risque pour les personnes allergiques ou asthmatiques
  • La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des gestes simples pour sécuriser rapidement un terrain infesté, avant même l’intervention d’un professionnel. Et dans une commune dense comme La Mulatière, où jardins privés et espaces publics se côtoient, ces gestes font toute la différence.

    Reconnaître les chenilles processionnaires et leurs nids

    Avant d’agir, il faut être sûr de ce que vous avez en face de vous. La confusion avec d’autres chenilles peut arriver, et ce n’est pas anodin, car toutes ne sont pas urticantes au même niveau.

    Deux espèces posent problème autour de Lyon et donc à La Mulatière :

  • La chenille processionnaire du pin
  • La chenille processionnaire du chêne
  • Quelques repères visuels :

  • Nids de processionnaires du pin : gros « cocons » blancs, bien visibles, accrochés en bout de branches de pins (souvent en hauteur). On les remarque surtout en hiver.
  • Nids de processionnaires du chêne : amas soyeux plus discrets, souvent sur le tronc ou les grosses branches, plutôt au printemps-début été.
  • Processions au sol : file indienne de chenilles marron-noir avec des poils urticants, qui se déplacent en longue colonne, surtout à la fin de l’hiver et au printemps.
  • Si vous avez un doute, prenez une photo de loin (surtout ne touchez pas) et comparez avec des ressources fiables ou montrez-la à un professionnel de la lutte anti-nuisibles. À La Mulatière, les zones proches de Lyon, Sainte-Foy-lès-Lyon et Oullins sont régulièrement signalées comme sensibles.

    Les dangers réels pour votre famille et vos animaux

    Les poils des chenilles processionnaires sont urticants et volatils. Ils peuvent se détacher, se disperser avec le vent, rester dans l’herbe, coller aux vêtements, aux jouets, aux gamelles… Même sans contact direct avec la chenille, on peut être contaminé.

    Chez l’humain, les symptômes les plus fréquents sont :

  • Démangeaisons intenses, plaques rouges, irritations cutanées
  • Conjonctivites, yeux rouges et douloureux
  • Gonflement des lèvres, de la langue ou du visage
  • En cas de forte exposition : réactions allergiques sévères, gêne respiratoire
  • Chez les chiens (et parfois les chats), les effets peuvent être dramatiques :

  • Hypersalivation, langue gonflée, chien qui se frotte la gueule ou la patte
  • Vomissements, abattement, refus de s’alimenter
  • Nécrose de la langue ou des muqueuses (zones qui deviennent noires)
  • Dans les cas graves : détresse respiratoire, urgence vitale
  • Si vous suspectez un contact :

  • Chez l’enfant : rincez immédiatement à l’eau tiède (sans frotter), évitez le grattage, et appelez un médecin ou le 15 en cas de gêne respiratoire ou de gonflements importants.
  • Chez l’animal : rincez doucement la gueule à l’eau (sans frotter, sans utiliser de gants en tissu), empêchez-le de se lécher, et partez en urgence chez le vétérinaire.
  • C’est précisément pour éviter d’en arriver là qu’il faut sécuriser votre terrain dès les premiers signes de présence.

    Première étape : sécuriser le terrain infesté

    Une fois les chenilles identifiées, l’objectif prioritaire est simple : protéger les personnes et les animaux, avant même de penser à l’éradication complète.

    Les premiers réflexes à adopter sur un terrain à La Mulatière :

  • Interdire l’accès aux zones infestées : bloquez l’accès aux enfants et aux animaux avec des barrières, du ruban de chantier, des panneaux improvisés si nécessaire.
  • Éviter les activités dans le jardin tant que le risque est élevé : jeux au sol, pique-niques, jardinage au pied des arbres infestés…
  • Prévenir la famille et les voisins : un simple mot dans le hall d’immeuble, un message sur le groupe de voisinage ou du syndic peut éviter un accident.
  • Surveiller les horaires d’utilisation du terrain : limitez les passages aux heures les moins venteuses ; les poils se dispersent particulièrement avec le vent.
  • À La Mulatière, les jardins sont souvent petits et proches les uns des autres : si votre terrain est infesté, il est probable que celui du voisin le soit aussi, même s’il n’a encore rien vu. D’où l’importance de la communication.

    Gestes à ne jamais faire avec des chenilles processionnaires

    Lorsque l’on découvre des nids ou des processions, la tentation est grande de « s’en occuper soi-même » avec les moyens du bord. Mauvaise idée. Certains réflexes, pourtant logiques, sont en réalité très dangereux.

    À éviter absolument :

  • Ne pas brûler les nids ou les chenilles : la chaleur libère et propage les poils urticants dans l’air, augmentant considérablement le risque d’inhalation.
  • Ne pas écraser les chenilles (au pied, à la pelle, avec une pierre) : les poils se détachent et restent dans le sol, l’herbe, sur les chaussures.
  • Ne pas utiliser de souffleurs ou nettoyeurs haute pression à proximité des nids : vous dispersez les poils sur une zone beaucoup plus large.
  • Ne pas manipuler les branches infestées à mains nues, même si vous ne voyez pas de chenilles (les poils peuvent rester actifs longtemps, même sans la chenille).
  • Si vous devez approcher la zone pour sécuriser le terrain (installer un ruban de balisage, fermer un portail…), faites-le avec prudence.

    Les protections indispensables si vous approchez la zone

    Idéalement, tout contact rapproché avec les nids et les processions doit être laissé aux professionnels. Mais si vous devez baliser ou observer de plus près pour décrire la situation, équipez-vous correctement :

  • Gants longs type jardinage renforcé ou bricolage épais
  • Vêtements couvrants : manches longues, pantalon, chaussures fermées
  • Éventuellement lunettes de protection si vous êtes amené à regarder en hauteur
  • Masque (au minimum un masque chirurgical, mieux un FFP2) si vous devez rester près des nids par temps venteux
  • Une fois terminé :

  • Retirez les vêtements avec précaution, à l’extérieur si possible.
  • Lavez-les à part, à haute température.
  • Prenez une douche (pas de bain) pour éliminer les éventuels poils sur la peau.
  • Ce n’est pas « excessif » : les réactions peuvent être très violentes, même pour des contacts très limités.

    Les bonnes pratiques pour limiter la dispersion sur votre terrain

    Sur un terrain infesté à La Mulatière, le but n’est pas seulement d’éliminer les chenilles présentes, mais aussi de limiter l’extension du problème aux parcelles voisines et aux années suivantes.

    Voici des actions utiles et raisonnables à mettre en place :

  • Limiter les zones de tonte ou de débroussaillage à proximité des arbres infestés, tant que les chenilles sont actives.
  • Éviter de laisser traîner jouets, coussins, transats sous les arbres concernés.
  • Nettoyer régulièrement terrasses, balcons, rebords exposés aux arbres infestés, toujours avec un balayage doux ou un aspirateur équipé d’un sac, jamais avec un souffleur.
  • Surveiller les animaux : gardez les chiens en laisse dans le jardin si nécessaire, surtout près des pins et chênes.
  • Si vous avez une petite copropriété typique de La Mulatière, avec un jardin commun :

  • Proposez la mise en place d’une zone clairement interdite, avec un panneau simple type « Attention chenilles processionnaires – accès interdit ».
  • Notez la période d’observation des processions (par exemple : « Processions observées en mars-avril sur les pins en fond de jardin ») pour anticiper les années suivantes.
  • Que peut faire un professionnel sur un terrain infesté ?

    Pour une sécurisation durable, l’intervention d’un spécialiste reste la meilleure option, surtout si vous avez des nids en hauteur ou un grand nombre d’arbres. Les professionnels de la désinsectisation disposent de méthodes adaptées à la configuration de votre terrain et à l’espèce présente.

    Parmi les techniques utilisées :

  • Destruction des nids en hauteur avec perches, échenillage, aspiration et ensachage sécurisé.
  • Écopièges ou colliers à chenilles autour des troncs de pins, qui piègent les chenilles au moment de leur descente en procession.
  • Traitements ciblés sur le feuillage à base de produits biologiques (comme le Bacillus thuringiensis kurstaki) aux périodes où les chenilles sont jeunes et sensibles.
  • Installation de nichoirs à mésanges pour renforcer la présence de prédateurs naturels (solution complémentaire, utile surtout en prévention).
  • Sur La Mulatière, la topographie (pentes, talus, arbres proches des façades) rend parfois l’accès délicat. Un professionnel équipé saura intervenir en sécurité, là où un particulier se mettrait en danger (échelle, manipulation de branches, exposition prolongée aux poils).

    Les pièges et moyens de prévention à envisager

    Si votre terrain a déjà été infesté une année, il y a de fortes chances que le problème revienne sans action préventive. Quelques moyens simples permettent de réduire l’ampleur de l’infestation les années suivantes :

  • Pièges à procession (colliers autour des troncs) : installés avant la période de descente (fin d’hiver), ils interceptent les colonnes de chenilles. À faire poser correctement pour éviter les contournements.
  • Pièges à phéromones pour les papillons mâles (en été) : ils ne suffisent pas à éradiquer, mais aident à réduire la reproduction et à repérer les zones à risque.
  • Entretien régulier des arbres : taille raisonnée, suivi sanitaire, évitement des arbres déjà très affaiblis ou trop nombreux sur une petite parcelle.
  • Installation de nichoirs artificiels pour les mésanges, chauves-souris et autres auxiliaires, afin de renforcer la prédation naturelle.
  • La prévention n’élimine pas à 100 % les chenilles, mais elle permet d’éviter les explosions de population et donc les grosses infestations qui rendent un jardin inutilisable pendant plusieurs semaines.

    Informer la mairie et le voisinage à La Mulatière

    La lutte contre les chenilles processionnaires est plus efficace quand elle est coordonnée. Un terrain traité isolément peut être réinfesté par les arbres voisins non traités.

    Bon réflexe à adopter :

  • Informer la mairie de La Mulatière en cas de présence importante, surtout si les arbres concernés longent une voie publique, une école, un square ou une aire de jeux.
  • Prévenir votre syndic ou association de copropriété si les arbres infestés sont sur un terrain commun ou en limite de propriété.
  • Discuter avec les voisins directs : si votre pin touche presque leur balcon, il est logique de les avertir du risque.
  • Dans certaines communes, des campagnes d’information ou d’aide à la lutte contre les processionnaires sont mises en place (subventions pour les pièges, actions coordonnées…). Se renseigner auprès de la mairie peut vous éviter de gérer le problème seul dans votre coin.

    Adapter l’usage du terrain selon la saison

    Les chenilles processionnaires ne sont pas actives toute l’année de la même façon. Savoir à quel moment redoubler de prudence permet d’utiliser son terrain plus sereinement le reste du temps.

    De manière générale autour de Lyon (et donc à La Mulatière), on observe :

  • Automne – début hiver : formation des nids dans les pins, présence discrète dans le feuillage.
  • Fin d’hiver – début printemps : descentes en procession vers le sol, période la plus dangereuse pour les enfants et les animaux.
  • Printemps – début été : pour les processionnaires du chêne, présence de chenilles sur le feuillage, souvent à proximité d’habitations ou d’aires de jeux.
  • Été : papillons adultes, période où l’on installe parfois des pièges à phéromones.
  • Sur un terrain infesté :

  • Redoublez de prudence en fin d’hiver et au printemps.
  • Profitez davantage du jardin en plein été et au tout début de l’automne, lorsque les risques sont plus limités, à condition que les nids aient été gérés.
  • Faut-il abattre les arbres infestés ?

    C’est une question fréquente, surtout sur des petits terrains de La Mulatière où un ou deux pins dominent tout le jardin. Faut-il tout couper pour être tranquille ?

    La réponse est : pas forcément.

    L’abattage peut se justifier dans certains cas :

  • Arbre très affaibli ou malade, présentant un risque de chute.
  • Arbre positionné juste au-dessus d’un espace très utilisé (aire de jeux d’enfants, crèche, entrée d’école).
  • Infestations répétées malgré les actions de prévention et les traitements.
  • Mais dans de nombreux cas, une gestion adaptée (pièges, interventions professionnelles, nichoirs, entretien) permet de conserver les arbres tout en sécurisant le terrain. Un diagnostic par un professionnel ou un arboriste peut aider à trancher de façon raisonnée.

    En résumé : les bons réflexes à adopter à La Mulatière

    Face aux chenilles processionnaires sur votre terrain à La Mulatière, gardez en tête ces priorités :

  • Identifier sans manipuler : nids, processions, arbres concernés.
  • Sécuriser immédiatement le terrain : accès restreint, information de la famille, des voisins, du syndic.
  • Éviter les mauvais gestes : pas de brûlage, pas d’écrasement, pas de soufflage.
  • Se protéger si l’on doit approcher : gants, vêtements couvrants, masque, douche après.
  • Faire appel à un professionnel pour les nids en hauteur ou les infestations importantes.
  • Mettre en place des actions de prévention : pièges, nichoirs, entretien des arbres, suivi saisonnier.
  • Coordonner la lutte avec la mairie et le voisinage, surtout près des écoles, parcs et voies publiques.
  • Un terrain infesté n’est pas une fatalité. Avec quelques réflexes bien ancrés et les bons partenaires, vous pouvez retrouver un jardin utilisable et limiter durablement la présence de ces nuisibles, tout en préservant au maximum vos arbres et la biodiversité locale.