Chenilles processionnaires La Mulatière : gestion des chenilles en zone urbaine et périurbaine
Les chenilles processionnaires ont longtemps été associées aux massifs forestiers, aux pins de campagne et aux promenades en pleine nature. Pourtant, à La Mulatière, ce sont aujourd’hui les jardins, les parcs urbains, les écoles et même les copropriétés en bord de Saône qui sont concernés. L’urbanisation, le réchauffement climatique et la présence d’arbres hôtes en ville font de ces chenilles un vrai sujet de santé publique… et pas seulement de jardinage.
Pourquoi La Mulatière est particulièrement exposée aux chenilles processionnaires
La Mulatière est une petite commune, mais avec une forte densité de population, beaucoup de jardins privés, d’espaces verts et de talus arborés. C’est exactement ce que recherchent les chenilles processionnaires du pin (et de plus en plus du chêne) :
- Des arbres hôtes nombreux : pins noirs, pins sylvestres, pins d’ornement dans les jardins, chênes en lisière et sur les pentes.
- Un climat plus doux que par le passé, avec des hivers moins rigoureux, favorisant la survie des larves.
- Des zones de transition entre ville et nature (berges, talus de voies ferrées, bords de routes, friches), idéales pour la prolifération.
Résultat : les nids blancs cotonneux deviennent de plus en plus visibles, parfois à quelques mètres à peine des façades, des terrasses ou des aires de jeux. Et quand on sait à quel point ces chenilles peuvent être urticantes, on comprend vite que le problème dépasse largement la simple nuisance esthétique.
Les risques concrets : ce que les habitants doivent vraiment craindre
Les chenilles processionnaires ne mordent pas, ne piquent pas au sens strict… mais elles sont couvertes de microscopiques poils urticants qui se détachent et se diffusent dans l’air. Ce sont eux qui posent problème :
- Pour les humains :
- Éruptions cutanées, démangeaisons intenses, plaques rouges.
- Conjonctivites, yeux rouges, sensation de sable dans les yeux.
- Irritations des voies respiratoires, toux, difficulté à respirer chez les personnes sensibles.
- Dans les cas graves : réactions allergiques sévères nécessitant une prise en charge médicale urgente.
- Pour les animaux de compagnie (surtout les chiens) :
- Le chien renifle ou lèche une chenille ou une procession.
- Langue qui gonfle, salivation excessive, douleur intense.
- Risques de nécrose de la langue, voire d’amputation partielle.
- Dans certains cas, l’issue peut être fatale sans intervention rapide du vétérinaire.
En zone urbaine comme La Mulatière, la proximité permanente avec les arbres favorise les contacts involontaires : enfants qui jouent sous un pin, voisins qui secouent une branche pour faire tomber des pommes de pin, jardiniers amateurs qui taillent sans protection… Les poils urticants peuvent rester présents dans l’environnement plusieurs semaines, même après le départ des chenilles.
Reconnaître les chenilles processionnaires et leurs nids à La Mulatière
Pour agir efficacement, il faut d’abord savoir identifier le problème. Que devez-vous surveiller autour de chez vous ?
Les arbres à cibler :
- Les pins (sylvestre, noir, laricio, pin d’Autriche, pins d’ornement) pour la chenille processionnaire du pin.
- Les chênes pour la chenille processionnaire du chêne (présente aussi en milieu urbain, surtout dans les alignements d’arbres, parcs, talus boisés).
Les signes caractéristiques :
- Nids en hiver : grosses boules blanches cotonneuses dans la partie ensoleillée de l’arbre (surtout sur les pins).
- Processions au sol : file indienne de chenilles rousses et noires, souvent au début du printemps, se dirigeant vers un endroit pour s’enterrer.
- Aiguille des pins jaunies : défoliation partielle de l’arbre, aspect « grignoté ».
À La Mulatière, beaucoup de nids passent inaperçus sur les versants boisés ou en hauteur, mais ce sont ceux à proximité des routes, des jardins et des écoles qu’il faut surveiller en priorité.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire face aux chenilles
Lorsqu’on découvre un nid près de sa terrasse ou de la fenêtre de la chambre, la tentation est grande de « régler ça rapidement » avec les moyens du bord. Mauvaise idée. Quelques réflexes à proscrire :
- Ne jamais brûler un nid à l’air libre : la chaleur libère massivement les poils urticants qui se dispersent avec le vent.
- Ne pas le frapper avec un balai ou une perche : vous faites voler les poils et augmentez la zone contaminée.
- Ne pas écraser les chenilles à coup de pied ou de pelle : même mortes, leurs poils restent dangereux.
- Ne pas manipuler sans protection (gants, masque, lunettes, tenue couvrante).
- Ne pas laisser enfants ni animaux s’en approcher « juste pour voir ».
Une mauvaise intervention « maison » peut transformer un problème localisé en contamination de tout un jardin, voire d’une copropriété entière. En zone urbaine dense, c’est exactement ce qu’on veut éviter.
Les méthodes de gestion adaptées à la zone urbaine et périurbaine
La lutte contre les chenilles processionnaires à La Mulatière doit être à la fois efficace, respectueuse de l’environnement urbain et compatible avec la présence de riverains, d’enfants et d’animaux. Plusieurs méthodes peuvent être combinées.
1. L’échenillage (retrait des nids)
C’est la méthode la plus directe : les nids sont retirés à l’aide d’une perche télescopique ou depuis une nacelle, puis placés dans un sac étanche pour être détruits.
- À réaliser en hiver, quand les chenilles sont encore dans les nids.
- Idéal pour les jardins privés, petites copropriétés, arbres isolés.
- Doit être effectué par un professionnel équipé (harnais, masque, combinaisons, outils adaptés).
2. Les pièges à procession (pièges de collet autour du tronc)
Ces pièges se fixent sur le tronc des pins ou des chênes. Quand les chenilles descendent en procession pour s’enterrer, elles sont guidées vers un sac collecteur.
- À mettre en place avant la période de descente (fin d’hiver / début de printemps).
- Sans danger pour les riverains et les animaux domestiques.
- Très utile en zone périurbaine, le long des chemins, haies et limites de propriété.
3. Les traitements biologiques ciblés
Il existe des traitements à base de Bacillus thuringiensis kurstaki (BTK), une bactérie qui s’attaque spécifiquement aux chenilles lorsqu’elles ingèrent le produit en mangeant les aiguilles ou les feuilles.
- Application à l’automne ou au début de l’hiver, lorsque les chenilles sont encore jeunes et actives.
- Souvent réalisé par pulvérisation sur les arbres concernés.
- Adapté en parcs, grands jardins, zones boisées urbaines.
En milieu urbain, ces traitements doivent être réalisés avec précaution et dans le respect de la réglementation (distances, horaires, info des riverains). Ils sont généralement confiés à des prestataires spécialisés ou aux services municipaux.
4. Les nichoirs à mésanges et la lutte biologique de long terme
Les mésanges sont de grandes consommatrices de chenilles, y compris processionnaires aux stades précoces. Installer des nichoirs adaptés contribue à renforcer cette prédation naturelle.
- Solution à effet progressif, mais durable.
- Particulièrement intéressante sur les pentes boisées, parcs, bordures de routes.
- Complète les autres méthodes, mais ne les remplace pas totalement.
Bref, on ne se contente pas d’un « truc miracle » : en ville comme en périphérie, la gestion efficace passe souvent par un plan d’action combiné.
Spécificités des jardins de particuliers à La Mulatière
Vous habitez une maison avec jardin sur les hauteurs, ou en limite des bois ? Vous avez un ou deux pins plantés pour l’ombre ou le côté décoratif ? Vous êtes en première ligne.
Voici une approche simple, adaptée à un particulier :
- Repérage : à l’automne et en hiver, observez régulièrement vos pins et chênes. Nids blancs, aiguilles mangées, processions au sol ? Notez les zones à risque.
- Contact avec un professionnel : dès les premiers nids visibles, surtout si l’arbre est proche d’une terrasse, d’une aire de jeux ou d’un trottoir.
- Installation de pièges de descente : si la taille du jardin et la configuration des arbres s’y prêtent, ces pièges sont une bonne barrière.
- Information de vos voisins : en zone dense, les chenilles ne s’arrêtent pas aux limites de votre clôture. Un voisin qui laisse ses pins infestés ruine vos efforts.
En ville, l’enjeu est aussi de protéger votre entourage : chats, chiens, enfants des voisins, promeneurs… Une intervention rapide est souvent moins coûteuse (et plus efficace) qu’une gestion en urgence après un incident.
Copropriétés, écoles, aires de jeux : une problématique collective
La Mulatière compte de nombreuses résidences, avec des espaces verts communs. Dans ces configurations, la gestion des chenilles processionnaires ne peut pas reposer uniquement sur la bonne volonté d’un seul occupant.
Pour les copropriétés :
- Faire réaliser un diagnostic des arbres à risque par un professionnel (pins, chênes, talus boisés).
- Mettre en place un plan annuel validé en assemblée générale : échenillage, pièges, éventuellement traitements biologiques.
- Informer les résidents en période à risque (affichage dans les halls, consignes pour les animaux, recommandations pour les parents).
Pour les écoles, crèches, parcs et aires de jeux :
- Surveiller tous les arbres proches des zones de jeux.
- Prioriser les interventions sur les arbres situés à moins de quelques mètres d’un lieu fréquenté.
- Éviter les activités scolaires ou sportives sous des arbres infestés en période de risque (fin hiver / printemps).
En milieu urbain, la gestion des chenilles processionnaires est un enjeu collectif. Une copropriété non traitée, située à côté d’un parc bien géré, peut devenir une source permanente de contamination.
Calendrier pratique : à quoi s’attendre au fil des saisons
Pour mieux vous organiser, voici les grandes lignes du cycle des chenilles processionnaires du pin (les dates peuvent varier légèrement selon les années et les conditions météo) :
- Automne :
- Éclosion des œufs.
- Jeunes chenilles qui commencent à se nourrir et à former leurs premiers nids.
- Période idéale pour les traitements biologiques BTK.
- Hiver :
- Nids visibles, bien formés, en haut des arbres, côté ensoleillé.
- Moment opportun pour l’échenillage (retrait des nids).
- Fin d’hiver – début de printemps :
- Descente des chenilles en processions pour s’enterrer.
- Période de fort risque pour les humains et les animaux.
- Pièges de procession particulièrement utiles.
- Printemps – été :
- Chenilles en chrysalide dans le sol.
- Émergence des papillons en été, qui pondent de nouveaux œufs.
À La Mulatière, les hivers plus doux avancent parfois un peu ces phases. D’où l’intérêt d’une surveillance régulière plutôt que d’attendre « la bonne période » théorique.
Gestes de premiers secours en cas de contact
Malgré toutes les précautions, un contact peut arriver : enfant qui touche une chenille, chien qui renifle une procession, jardinier surpris lors d’une taille. Savoir réagir limite les dégâts.
Pour l’humain :
- Éloigner immédiatement la personne de la zone contaminée.
- Retirer délicatement les vêtements et les laver à haute température.
- Rincer abondamment la peau à l’eau tiède (sans frotter, pour ne pas casser davantage les poils).
- Si atteinte des yeux : rincer à l’eau claire pendant plusieurs minutes et consulter un médecin rapidement.
- En cas de difficulté respiratoire ou de réaction importante : appeler les services d’urgence.
Pour les animaux (surtout les chiens) :
- Ne pas faire boire, ne pas frotter la gueule.
- Rincer doucement avec de l’eau tiède si possible, sans traumatiser davantage.
- Contacter immédiatement un vétérinaire : chaque minute compte en cas d’atteinte de la langue.
Dans tous les cas, même si les symptômes paraissent « légers » au départ, mieux vaut un avis médical ou vétérinaire que de prendre le risque de complications.
Pourquoi faire appel à un professionnel spécialisé à La Mulatière
On pourrait se dire : « Ce ne sont que des chenilles, un peu de courage et une bonne échelle et c’est réglé ». En réalité, sur ce type de nuisible, les erreurs peuvent coûter cher en santé, en temps et en efficacité.
Un professionnel de la gestion des nuisibles :
- Identifie rapidement l’espèce (pin ou chêne) et le niveau d’infestation.
- Choisit la méthode adaptée à votre situation (jardin, immeuble, école, zone boisée).
- Intervient avec les équipements de protection adéquats.
- Limite au maximum la dispersion des poils urticants.
- Vous conseille sur les mesures préventives pour les années suivantes.
Sur une commune comme La Mulatière, où les arbres sont souvent proches des bâtiments, des voies publiques et des lieux de passage, la maîtrise des risques est essentielle. L’objectif n’est pas d’éradiquer tout ce qui ressemble à une chenille, mais de contrôler la population de processionnaires au plus près des zones de vie.
Les chenilles processionnaires font partie des réalités avec lesquelles les habitants de La Mulatière doivent désormais composer, un peu comme le moustique tigre ou les frelons asiatiques. La bonne nouvelle, c’est qu’avec une surveillance régulière, des interventions ciblées et une gestion concertée entre particuliers, copropriétés et collectivités, il est tout à fait possible de réduire les risques et de continuer à profiter de ses espaces verts… sans craindre chaque promenade au pied d’un pin.
